Le
troublant et étonnant solo chorégraphique de Sylvain Méret s’inspire de
l’œuvre photographique du très controversé et sulfureux artiste bordelais
Pierre Molinier (1900-1976), rendu célèbre notamment par ses autoportraits
érotiques et son travail autour de l’androgynéité et du travestissement.
Un danseur pose pour un photographe. Vêtu d’un bustier, les jambes
gainées de noir et juchées sur des escarpins, le modèle, au fil de la séance,
incarne le monde fantasmagorique de Pierre Molinier, fétichiste de la jambe
féminine et du talon aiguille, aimant se travestir devant l’objectif et
scandalisant de son vivant le paysage culturel bordelais. Sans jamais être
impudique, oscillant entre réel et illusion, le « modèle », d’une superbe
grâce et d’une haute élégance, se dévoile sous une profusion de jambes noires
et découvre sous nos regards l’intimité érotique de l’artiste.
« Dans ce clair-obscur où le spectateur se contente des lignes du
corps du danseur, la voix précise de l’artiste parvient parfois doucement à
l’oreille. » Sud Ouest - Octobre 2005
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